R. P. Dupeyrat
21 ans chez les Papous

240 pages

format 145 x 206

17,00 

Description

Le récit enthousiasmant de la création d’une chrétienté

« Sévériano est devant moi.
– Te sachant de retour à Maria-Koume, me dit-il, ce matin, à l’aube du cochon, j’ai quitté le village pour venir te chercher. Viens, et tout de suite !
Les indigènes nomment la station de Fané – mot qui rappelle l’ancienne tribu du lieu – Maria-Koume, le Sommet de Marie : la Sainte Vierge, bien entendu. Quant à « l’aube du cochon », elle signifie les toutes premières heures du matin quand les porcs du village s’éveillent et grognent dans les maisons ou dessous, entre les pilotis.
– Mais, Sévériano, qu’y a-t-il donc ?.
– Il y a, que de nouveau, le diable prend possession de notre vallée. Des sorciers sont allés en voyage à la côte. Ils en ont rapporté de nouveaux menghés (objets et formules de sorcellerie). Ils se sentent plus puissants et ils ont proclamé que les gens doivent revenir aux anciennes coutumes païennes sous peine des pires calamités. Ils ont leurs représentants dans tous les villages. Ils menacent, ils crient, ils se font donner des richesses. Tout le monde a peur. Viens !
Diable ! Ce rapport était alarmant. Il fallait partir d’urgence.
Moins d’une heure après j’arpentais, avec Sévériano et ses deux compagnons, le long, long et ardu chemin qui mène dans la vallée de la Dilava. Nous étions pressés, mais tout en marchant le grand « Kis » me mit plus en détail au courant de la situation qui s’était soudainement développée dans son domaine. Elle était plus grave que je ne le pensais. Déjà, des chrétiens, par peur des sorciers, n’osaient plus pratiquer ouvertement leur foi.
En arrivant sur le sommet de la crête principale où je m’étais souvent arrêté avec mon curé, je jetai un coup d’œil sur ce pays de l’autre bord qui était devenu le mien. La profonde vallée de la Dilava s’ouvrait à mes pieds avec un air de fête. L’orage avait purifié l’air. Le ciel était d’un bleu de lapis-lazuli. Les verts teintés des forêts lointaines, tout en bas, brillaient plus légers et plus frissonnants. Ici et là, des villages, que je connaissais bien, plaquaient une tache d’or dans toutes ces émeraudes. Mais je savais que, dans les cases, leurs habitants s’interrogeaient avec anxiété : Notre Père viendra-t-il ?

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